Expat, cela commence de l'autre côté du Col de Saverne. Donc, ne souyez pas timide. Là, Cathy nous écrit depuis Paris, on vous invite vous aussi à suivre son exemple et à nous en dire plus.
L’entretien
Qui êtes vous, d’où venez-vous ?
Je m'appelle Cathy Schmitt, j'ai 25 ans. Je suis née à Haguenau dans le Bas-Rhin et je suis originaire d'un petit village situé à côté, Mertzwiller. J'ai suivi une partie de mes études supérieures (en STAPS) dans le quartier de l'Esplanade à Strasbourg, tout en habitant au Neudorf, près du stade de la Meinau.
J'ai pas mal voyagé en Alsace du fait de ma pratique du tennis en compétition. De même, j'ai découvert des points de vue magnifiques dans le Haut Rhin, du côté de Gueberschwihr, lors de stages d'escalades et d'alpinisme.
Vous avez quitté l’Alsace pour votre destination actuelle. Parlez-nous-en. Nostalgie, envie, succès.
Cela fait maintenant 3 ans que j'habite à Paris. J'avais quitté l'Alsace pour entreprendre de nouvelles études dans le domaine de la nutrition et de la diététique. Le départ s'est fait à la fois avec envie (découverte de nouvelles choses, s'approprier la capitale) mais également avec un peu d'appréhension (déménagement, changement de cadre, logement plus petit, arrivée dans une grande ville où je ne connaissais personne).
Je ne regrette pas du tout le fait d'avoir déménagé ici car j'ai vraiment l'impression de m'être ouverte au monde, je pense que je n'aurais pas vécu tout cela ni découvert tant de nouvelles choses, y compris de nouvelles cultures, en restant en Alsace. Paris le jour est différent de Paris la nuit, tout est ouvert quasiment 7 jours sur 7 voire 24 heures sur 24, il y a toujours du monde dehors quelle que ce soit l'heure du jour ou de la nuit. L'accès à la culture est facilité, chaque quartier possède ses propres charmes. En chaussant ses baskets, on découvre sans cesse de nouveaux endroits merveilleux. J'ai même fini par emporter systématiquement avec moi mon appareil photo !
Mais Paris, c'est aussi la ville des extrêmes : d'un côté on voit du luxe à profusion... et de l'autre, on a également toutes ces personnes qui vivent dans la rue. Je pense que pour pouvoir s'épanouir à Paris, il est indispensable de bien gagner sa vie, mais au delà de l'argent, il faut vraiment être solide mentalement car on peut rapidement partir vers le fond.
Cependant, l'air pur me manque, la verdure, le footing en forêt, la cueillette des champignons en automne ou du muguet au mois de mai, ramasser les châtaignes puis les faire griller dans la cheminée... Le dialecte alsacien me manque également car certaines expressions sont rigolotes. Je suis passionnée de gastronomie et malgré le fait que j'ai découvert énormément de choses ici à Paris (nouvelles saveurs, nouvelles spécialités du monde entier, …), je ne peux pas me rendre à la ferme, discuter avec les éleveurs, acheter de bons produits locaux à faible coût... ou encore traverser la frontière pour faire mes courses chez nos voisins allemands.
Chose que je constate également, les rayons de charcuterie ici à Paris sont nettement moins fournis qu'en Alsace (rires).
Que faites-vous de beau là bas ?
Je suis diététicienne nutritionniste, actuellement je travaille pour une jeune entreprise start-up du web qui propose des programmes de coaching minceur et bien être en ligne. A côté de cela, j'ai une grande passion pour la cuisine et la gastronomie. Je suis également bloggeuse culinaire (mon blog « La Flaveur d'un Souvenir » ), je veux montrer par le biais de mon blog qu'il est possible de se régaler et de se faire plaisir tout en préparant des recettes équilibrées. J'y donne souvent des astuces diététiques. D'ailleurs l'un de mes articles concerne la choucroute, spécialité alsacienne la plus connue sans doute ! Tout le monde pense qu'il s'agit d'un plat très lourd et calorique, mais je démontre que c'est loin d'être le cas, il suffit de faire le bon choix en terme de charcuterie et d'éviter d'avoir la main lourde sur les matières grasses lorsqu'on fait cuire la choucroute. Pour l'article complet, cliquez ici !
Comme je le disais, si je n'avais pas eu cette opportunité d'habiter à Paris, je n'aurais pas pu, par exemple, assister aux diverses manifestations gastronomiques telles que les séminaires de gastronomie moléculaire organisés par Hervé This. La liste est longue. Mais mes racines sont bien ancrées, il est important de ne jamais oublier d'où l'on vient.
Un conseil pour ceux qui rêvent de faire pareil ?
Si vous avez l'opportunité de voyager et de déménager à Paris (ou ailleurs), saisissez-là ! On ne vit qu'une fois, il faut profiter de ces moments pour s'enrichir, découvrir de nouvelles personnes et vivre d'autres moments de bonheur. Le plaisir sera deux fois plus important lorsque vous retournerez en Alsace le temps d'un week-end ou plus.
Un message pour votre région ?
Strasbourg étant la capitale européenne, il serait bon de développer un peu plus les activités en soirée ou le week-end (sorties, …). Je ne sais pas si le dialecte alsacien se perpétue chez les plus jeunes, mais je trouve qu'il est important de leur transmettre cela, d'une part car cela facilite l'apprentissage de l'allemand, d'autre part car cela permet d'échanger avec des générations plus anciennes, qui ne savent parler qu'alsacien et allemand du fait de l'annexion de l'Alsace-Lorraine à l'époque.
Enfin, les grands mères et les mères alsaciennes devraient transmettre le plus possible leur savoir-faire culinaire et leurs connaissances des produits (fermiers et autres)... Les Dampfnüdle, Mehlknepfle ou autres Zimtkueche ont parfois tendance à passer aux oubliettes.
Votre actualité ?
Je vais tout faire pour que 2009 soit un bon cru ! Aboutissement de projets personnels et professionnels.... et peut être un voyage aux Etats-Unis avant la fin de l'année.
Le bonus « Questionnaire de Proust, à l'Alsacienne »
Si vous étiez une boisson alsacienne : de la Carola rouge aromatisée (sans sucres) pamplemousse/orange ou un Gewürztraminer vendanges tardives
Si vous étiez un plat de la gastronomie alsacienne : Il y en a plein ! S'il faut choisir : les Fleischschnaka accompagnés de süri ruewe (navets salés)
Si vous étiez un lieu en Alsace : le Haut Koenigsbourg, un soir d'été
Si vous étiez un alsacien célèbre : Tomi UngererMaintenant, c'est à vous de jouer :
Quelques adresses gourmandes...
- Mon blog culinaire : « La Flaveur d'un Souvenir » http://porcinette07.canalblog.com
- Du pain comme vous n'en aviez jamais goûté à Strasbourg : http://www.aupaindemongrandpere.com/
- De délicieux chocolats à Haguenau : http://www.daniel-stoffel.fr/
- Les glaces Erhard : http://www.glaces-erhard.com/bienvenue.html (un faible pour la glace cannelle et le sorbet figues)
- Le site « Bienvenue à la ferme », listant des fermes d'Alsace selon des critères spécifiques
http://www.bienvenue-a-la-ferme.com/alsace/liste-fermes
- Le premier distributeur de lait cru d'Alsace : (Jean-Luc Halter et Didier Filding) rue Finckwiller (route de Cosswiller) dans le hameau de Brechlingen à Wasselonne.… et non gourmandes :
Office pour la langue et la culture d'Alsace : http://www.olcalsace.org/







Nos ancêtres ne savaient parler qu'alsacien ou allemand non pas du fait de l'appartenance de l'Alsace à l'Empire Allemand entre 1871 et 1918 (période bien trop courte pour changer la langue d'un peuple) mais à la suite de plus de 1000 ans d'appartenance à la sphère culturelle allemande, comme en témoigne nos toponymes et noms de famille, qui ne datent pas d'hier. L'Alsace devenue française en 1648 n'a pas abandonné sans langue pour autant, la notion de langue et de nationalité française n'étant pas liée à l'époque.
Le français ne s'est parlé couramment en Alsace que depuis un peu plus de 50 ans...
Au delà de cette petite précision, j'approuve à 100% cette dame qui rappelle l'importance de la langue allemande et du dialecte, aux côtés du francais, pour notre région.
Rédigé par: Jean | 30 janvier 2009 à 14:34